Ecrit par & déposé en vertu de Compte rendu des dernières sessions, Les conférences.

Entre divertissement personnel et problématiques sérieuses,

une approche globale des RESEAUX SOCIAUX

 

par Sabrina KECHEROUD ©

 

Qu’est-ce qu’un réseau social ?

 

Parler des réseaux sociaux du Web, c’est trop souvent occulter la dimension de réseau social…sans le Web !

Aussi, Wikipedia parle du réseau social basique comme d’« un ensemble d’individus ou d’organisations reliés par des interactions sociales régulières ». De là, la modélisation en 2D d’un réseau social peut revêtir un aspect étonnant : (sachant qu’on  part ici des interactions issues de réseaux sociaux web)

Social Graph

 

avec l’idée que des concentrations d’interactions peuvent se dégager et donner lieu à l’apparition de ce que l’on appelle une communauté, sous-entendue d’intérêt :

social media network connection

 

A partir de là, sur Internet, un réseau social est une plateforme par laquelle on accède à un environnement spécifique, plus ou moins confidentiel, dans lequel des interactions ont lieu, naturellement ou non, dans un cadre virtuel.
Par opposition à un environnement qu’on appelle parfois IRL, sigle souvent utilisé par exemple sur Twitter, qui signifie In Real Life.

Le réseau social sur le Web est ainsi une dématérialisation du réseau social à proprement parler. Il en bouscule les limites, notamment par son aspect potentiellement mondial.

 

Être ou ne pas être sur les réseaux sociaux…

La question de l’utilité d’être ou non sur les réseaux sociaux recouvre une autre question : celle de l’utilité d’une visibilité sur le net, même si elle est relative en fonction de la confidentialité qu’on aura paramétrée sur son/ses comptes de réseaux sociaux.
C’est sans doute là que se situe la première question que l’on doit se poser lorsqu’on pense à être sur les réseaux sociaux : est-ce que je veux être visible ? comment et à quel titre ? Penser cette visibilité, et donc son identité n’est pas une question anodine, à l’heure où comme le dit Chris Anderson, du magazine américain Wired, « Vous n’êtes plus ce que vous dites, vous êtes ce que Google dit de vous ».

 

La liste n’étant pas exhaustive, à titre personnel, on est d’abord sur les réseaux sociaux pour garder le contact, et/ou y retrouver des amis, des anciens camarades ou collègues perdus de vue.

A ce titre Copain d’Avant (http://copainsdavant.linternaute.com/) est sans doute le premier réseau social français au titre où nous l’entendons aujourd’hui, permettant de se retrouver sur la base du parcours scolaire. Si ce site pionnier a perdu des parts face au mastodonte Facebook qui ne faiblit pas, il reste selon l’institut de sondages IFOP le 3ème réseau social en termes d’inscriptions annuelles en France (« Observatoire des Réseaux sociaux 2013 », étude réalisée auprès d’un échantillon de 2004 personnes âgée de 18 ans et plus, entre les 21 et 28 novembre 2013 – http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=poll&id=2436).

 

facebook skype copains d'avant

 

 

L’utilisation du réseau social s’apparente donc à celle d’un carnet d’adresse. Au-delà des anciennes connaissances, il permet de réunir les actuelles, mais aussi d’en développer de nouvelles.
Dans cette idée, qui ne s’est pas déjà vu dans le cadre d’une rencontre lors d’une soirée ou d’un cocktail vu proposer d’échanger des comptes Facebook ? Le profil Facebook est ainsi devenu une coordonnée personnelle autant, voire davantage, que le numéro de téléphone !

 

Sur le plan professionnel, on peut là encore faire une liste non exhaustive de l’utilité d’une visibilité via les Réseaux sociaux : s’informer sur les secteurs et des marchés qui nous intéressent, connaître des professionnels de son secteur / d’autres secteurs, se faire connaître par le prisme de ses compétences, de son profil professionnel / être visible / être identifiable, rechercher un emploi, proposer directement ses services…

Les études montrant qu’en France, on utilise encore peu ses réseaux pour faire concrètement des affaires, ce qui est dommage étant donné les potentialités que recouvrent ces outils.

 

Ainsi donc, chaque réseau social, en fonction de ses spécificités – professionnel ou personnel, grand public ou confidentiel, etc. – et de sa(es) cible(s) va vous apporter un public différent. Car qui dit visibilité, à quelque échelle que ce soit, dit public. L’utilisation que vous aurez ensuite du réseau social en fonction des possibilités qu’il offre donnera un biais supplémentaire à l’environnement que vous y créerez…ou pas.  Car il est bien entendu possible d’être présent sur un réseau social juste pour y être présent. Juste pour en obtenir une visibilité simple, non étoffée, tout en y obtenant des informations choisies sans pour autant y rechercher l’interaction avec d’autres membres.

Il est par ailleurs à noter que la distinction réseaux sociaux pro/perso est de plus en plus poreuse, à l’heure où des réseaux grand public se sont lancés dans la publicité sociale, via le sponsoring de posts (Facebook) ou de tweets (Twitter).

 

La communauté web, unité témoin de la gestion des réseaux sociaux

Comme IRL, la communauté web, concentration d’interaction via une plateforme sociale, est avant tout une communauté d’intérêts, à l’instar des adeptes d’une activité comme la pêche, d’une personnalité dont on est fan comme Lady Gaga – qui détient une communauté de près de 44 millions d’abonnés sur Twitter -, de sa ville (Toulouse, deuxième ville de France la plus suivie sur Twitter après Paris !)…

 

twitter

 

Ensuite, selon qu’on en a l’utilité ou non, d’autant lorsqu’on veut capitaliser son existence, on peut étudier cette communauté de manière à s’adresser au mieux à elle. Elle peut de là devenir un vivier d’ambassadeurs d’une marque, voire une clientèle potentiellement fidèle.

D’où l’émergence de la fonction de Community Management ou CM, soit la gestion de communauté web. Un CM ou community manager suscite une communauté, y crée des interactions et une discussion, la fidélise, la développe.  Il est donc un animateur de la communauté, et naturellement le référent d’une marque ou d’une entreprise sur le Web de par son statut de lien moins désincarné entre l’« intérêt » (la marque, le sujet de discussion) et l’« intéressé » (l’internaute).
De par cette communication directe avec les internautes, le community manager est bien souvent le premier agent de la communication de crise.
Le Community Management est donc une réelle compétence, parfois négligée par les entreprises qui ne comprennent pas forcément les enjeux de leur présence sur le Web.
Il est donc intéressant de s’arrêter sur le profil type actuel du community manager. L’étude annuelle sous forme de sondage auprès d’un panel de community managers effectuée par Le Blog Du Modérateur (http://www.blogdumoderateur.com/enquete-cm-2014/) est à ce titre un éclairage intéressant. On y confirme à la lumière de certains chiffres que le community management est une réelle compétence – la majorité des CM sont titulaires d’un bac+5 –  qui ne coûte pas forcément très cher – 241 € par jour  pour un CM freelance en moyenne. Un dernier chiffre qui pose la question de la valorisation d’une fonction pourtant clé dans l’entreprise puisque bien utilisée elle peut permettre des gains significatifs en termes de chiffre d’affaire.

 

equete CM

 

PANORAMA DES GRANDS RESEAUX SOCIAUX ACTUELS

Parlons tout d’abord réseaux sociaux grand public, ceux où souvent on est à titre personnel, ceux où il peut être nécessaire d’être dans le cadre d’une stratégie de communication web d’entreprise.

On trouvera facilement sur Internet des cartographies des réseaux sociaux. Des outils visuels permettant d’avoir une vue d’ensemble de ces plateformes en fonctions de chiffres notamment sur leur fonctionnalités ou leur audience.

La plus récente actuellement en ligne est celle de la Licence professionnelle Métiers du Médiaplanning de l’IUT de Bordeaux (http://mmibordeaux.com/), à voir ci-dessous.

carto

 

Nous allons ici essayer de présenter quelques-uns des réseaux sociaux dont vous entendez le plus souvent parler, que ce soit via les médias ou par le bouche-à-oreille. L’idée est d’en faire des outils plus friendly, moins effrayant, à aborder.

Nous commençons par parcourir les grands réseaux sociaux que l’on pourrait globalement qualifier de grand public.

Facebook, The Social Network. On ne peut pas ne pas commencer par Facebook, véritable archétype du réseau social, qui ne cesse d’évoluer, faisant de ses homologues des suiveurs en termes de tendances social media* (*réseaux sociaux).
Facebook, c’est d’abord cette interface simple au moment de l’accès, qui rappelle la définition première du réseau social. C’est aussi cette phrase à laquelle tient son fondateur Mark Zuckerberg : « It’s free (and always will be) ». La gratuité de ce réseau social en est un caractère fondamental.

 

facebookFB inscription

 

 

 

Il existe plusieurs manières d’être présent, et donc visible sur Facebook. La première d’entre elles est le profil personnel. Une autre est la Page Facebook que l’on peut « aimer », « liker », cette dernière étant utilisée autant par des personnalités ayant une certaine audience (les « likes » pouvant en être un indicateur, à relativiser néanmoins) que par les entreprises, institutions, associations ou toute autre structure, pouvant ainsi s’adresser directement aux internautes susceptibles de s’intéresser à elles.

Ci-dessous, le profil personnel, attesté via la pastille accolée à son nom, de Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, et la Page Facebook de la WebSchool Orléans, qui compte plus de 850 fans à ce jour.

 

fb

 

 

wso fb

 

Ajoutons ici quelques-unes des fonctionnalités présentes sur le réseau social, qui a l’ambition d’être un Web dans le Web : un service de messagerie instantanée/chat, ou encore des groupes de discussion avec des thèmes très variés, autant qu’un utilisateur de Facebook peu en imaginer. Avec bien entendu les limites présentes dans la vie réelle, à savoir celles de la loi.

Twitter, site de microblogging.  Si je devais résumer Twitter en une phrase, je dirais que ce serait parler au monde en 140 caractères. 140 caractères, c’est en effet la limite que peuvent en principe atteindre les tweets, le mode de partage de Twitter (pendant des posts Facebook). Sur Twitter autant que sur Facebook, on peut partager des liens, y compris de vidéos, des images, du texte. On parle ainsi de microblogging. Le principe de Twitter est au départ de s’envoyer des messages courts, à l’instar des SMS, mais via Internet.
Qui trouve-t-on sur ce réseau social ? Twitter est en premier lieu, le réseau des curateurs et des influenceurs. Les curateurs, ce sont ces spécialistes d’un ou plusieurs sujets qui seront des mines d’informations, de véritables fils d’information    à suivre selon ses propres intérêts. Les influenceurs sont souvent aussi d’abord des curateurs, à la précision qu’ils peuvent influencer leur auditoire, en fonction de l’importance et de la capacité de mobilisation de ce dernier (cf. Lady Gaga).
Ceux que j’appelle les as du marketing (designer, webdesigners, agences de communication, etc.) sont une autre catégorie bien répandue sur Twitter, ce qui est assez logique du fait de l’importance pour ces métiers de ce média social, le premier (lien avant Facebook) à être pris en compte par l’algorithme de Google en terme de référencement. Les personnalités politiques ou du show business se servent également de Twitter pour communiquer par elles-mêmes. Twitter est ainsi un agent de communication officiel, un véritable vecteur de communiqués de presse en 140 caractères. Il est d’ailleurs de plus en plus cité dans les médias comme source d’information.
L’innovation #Hashtag. Le hashtag, c’est ce mot-dièse, mot clé qui permet de rattacher son tweet à un sujet donné. C’est un outil de référencement intéressant sur Twitter, qui a récemment été repris par Facebook. A ne pas négliger donc dans une stratégie de promotion de sa marque, de son entreprise, ou autre.
Notons une évolution récente de Twitter en termes d’audience. Site de spécialiste, il se démocratise et rajeunit du fait notamment de son utilisation de plus en plus élargie par les médias traditionnels. C’est une part de ce qu’on appelle génériquement la Social TV. Une autre évolution récente est celle du business model de Twitter vers plus de Social marketing, via la mise à disposition d’un véritable outil de promotion ouvert à tous : le sponsoring de tweets. Une évolution qui a suivi celle de Facebook, qui offre également depuis récemment la possibilité de sponsoriser des posts.

Ci-dessous, l’interface Twitter, avec d’abord ma page de profil, puis mon fil d’actualité, ce qu’on appelle la Timeline ou TL :

wso fb ws2

 

Google+, l’ami du référencement. Aujourd’hui, la particularité principale de Google Plus, est que selon moi il faut impérativement en commencer par ce réseau social lorsqu’on veut avoir sur Internet une identité que je qualifierai de propre, c’est-à-dire nette, sans bavure, et donc réfléchie au préalable. Je passe ici sur la notion de référencement naturelle ou SEO (Search Engine Optimization), déjà abordée dans le cadre de la WebSchool Orléans.
Google Plus est donc parfait pour la visibilité professionnelle, notamment si vous avez une entreprise ou une marque à promouvoir. Il est d’ailleurs à ce titre un des outils Google parmi les autres. Référencer son entreprise sur Google Plus, c’est ainsi pouvoir la référencer aussi sur Maps, un atout à envisager sérieusement. Qui peut en effet aujourd’hui faire l’économie d’être sur Google (Recherche, Maps, etc.) ?
Parmi les fonctionnalités à noter, on peut citer Google Hangout, le client de messagerie instantanée, texte mais aussi audio et vidéo, également accessible depuis une messagerie Gmail.
Pour un usage personnel, Google Plus est lié à votre compte Google, ce qui pose la question de l’hyperconnexion via ce type d’outil. Là encore une problématique qu’il faut connaître avant en quelque sorte de s’engager. Il faut se rappeler ici la phrase de Chris Anderson, de Wired, citée plus haut.

Comment se présente un profil Google Plus ? Ci-dessous, celui de la Webschool Orléans.

g+

Instagram, petit frère de Facebook, plus fort, plus jeune… Selon Wikipedia, Instagram est « une application (…) de partage de photos et de vidéos disponible sur plates-formes mobiles (…) et lancé[e] en octobre 2010. L’entreprise a été rachetée par Facebook en 2012 pour un milliard de dollars. »
Instagram est donc d’abord une application mobile. Avec un développement d’autant plus important qu’il accompagne celui des smartphones. Ce réseau social dernière génération pèse depuis décembre 2014 plus de 300 millions d’utilisateurs. Il supplante ainsi Twitter en termes d’utilisateurs actifs mensuels (284 millions) et devient le 2ème réseau social à l’échelle mondiale.
Pour les audiences, malgré les évolutions récentes de Twitter (voir plus haut), la tranche adolescente lui préfère Instagram, qui nécessite moins une prise en main. Photographier, recadrer,partager. C’est facile !
Côté pros, ce réseau social peut être la possibilité de donner à ceux qui vous y suivent une info à tonalité « insider », c’est-à-dire de proximité avec un partage de votre vie d’entreprise, de nouveaux produits, etc. …plus narcissique ! Instagram est le réseau social par excellence du Selfie, propre à la génération Y ou des digital natives, qui comme leur nom l’indique sont nés avec une tablette et un smartphone dans les mains. En effet, déjà présent sur Facebook et Twitter qui l’ont vu naître dans son acception récente, le Selfie connaît une pratique décuplée avec le développement d’Instagram, couplé avec celui du smartphone.

Ci-dessous les selfies d’une jeune fille, de Justin Bieber, de Barack Obama.

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L’interface Instagram, avec à droite le profil, au milieu les notification, à droite le fil des profils suivis :

port

 

Pinterest, le réseau social discret mais efficace. Moins connu du grand grand public, Pinterest naît en 2010. Parmi ses caractéristiques, on peut noter une audience à dominante féminine, ce qui peut être intéressant dans une stratégie de marketing digital.
Concrètement, l’interface de Pinterest se présente comme l’équivalent d’un tableau de liège où l’on épingle virtuellement ses partages : liens vers des sites, images, etc.  Pin signifie épingle, et interest intérêt. Il s’agit donc d’exposer son univers, comme toujours selon la confidentialité que vous aurez choisie au préalable dans vos paramètres de compte. En effet, pour chacun des réseaux sociaux présentés, vous aurez toujours la possibilité d’avoir un compte public ou fermé.
Parmi les fonctionnalités caractéristiques intéressantes de Pinterest, notons les panneaux thématiques, qui peuvent être des atouts pour votre référencement naturel. Ils sont en effet un ordonnancement de votre univers, personnel ou professionnel. Sur Pinterest, on peut également : suivre, liker/aimer, repiner/réépingler.

Ci-dessous, l’interface Pinterest selon l’appareil utilisé, puis l’interface profil et tableau thématique :

access

 

Ci-dessous des impressions du compte Pinterest de la bloggeuse loisirs créatifs Jasmine-PlumedeMiel (https://www.pinterest.com/jasmineandco/) :

pinterest pinterest -

 

Vine, petit frère de Twitter. Vine est avant tout une application vidéo de Twitter. Vine, c’est concrètement 6 secondes de vidéo envoyées depuis votre smartphone, à partager avec vos abonnés.
La première version a été dévoilée en 2013, pour devenir en 3 mois l’application gratuite la plus téléchargée sur l’App Store, avant d’être déployée sous Android.
Aujourd’hui, Vine, ce sont 40 millions d’utilisateurs, les Vineurs, avec une majorité de jeunes et de créatifs.

Le mieux pour se donner une idée, c’est de voir. Ci-dessous, quelques vidéos de Jerome Jarre (https://vine.co/jeromejarre), un Vineur particulièrement connu à travers la toile mondiale. Le plus emblématique des Vineurs français :


 

Snapchat, tout nouveau, tout jeune. Je me fais ici aider de Cyprien, jeune Youtubeur, pour vous présenter ce réseau social : « une application qui permet d’envoyer des messages, des photos qui ne durent que quelques secondes » :

 

Après les réseaux sociaux que nous avons qualifiés de grand public, abordons maintenant les réseaux sociaux de partage de vidéo.

Le plus grand d’entre ces derniers est Youtube. Créé en 2005, puis racheté par Google en 2006, Youtube est le pionnier du partage de vidéo vraiment grand public. De ce fait, on trouve réellement tout type de sujets sur Youtube.
Un fait intéressant concernant Youtube est sans doute le phénomène des Youtubers, ces personnes partageant leur vie ou une compétence sur Youtube par le biais de vidéo plus ou moins courtes face caméra. Cyprien, cité plus haut, est l’un des Youtubers français les plus en vue avec Norman (www.normanfaitdesvideos.com/) et quelques autres. Il s’agit souvent de vidéos humoristiques. Mais il y a aussi tous ces comptes de conseil de beauté, ou de partage de recettes de cuisine, qui peuvent être suivis par des millions d’utilisateurs !

Les deux grands autres grands sites de partage de vidéos sont le Français Dailymotion (http://www.dailymotion.com/) et l’Américain Viméo (https://vimeo.com/).
Chacun a au moins une spécificité intéressante par rapport à Youtube. Sur Dailymotion, il est possible de personnaliser son lecteur vidéo. Cela peut être un atout en termes de charte graphique notamment au moment d’intégrer une vidéo Dailymotion sur une de vos pages de site. Sachant qu’une précédente fonctionnalité, apparemment abandonnée par Dailymotion, permettait il y a encore peu d’intégrer jusqu’à votre logo sur le lecteur. Une personnalisation dont étaient friand certains grands médias, nécessitant un certain investissement. Là encore une manière de se différencier dans le cadre d’une stratégie de visibilité et de marque sur le Web.
L’une des particularités très intéressantes de Viméo quant à lui réside dans son audience. On y trouve beaucoup de vidéos de créatifs, ou vantant des savoir-faire techniques magnifiés là encore par des vidéos de grande qualité. Le label Staff Pick signale le choix de l’équipe du site en indiquant justement ce type de vidéos, très agréables à regarder.

vimeo

Des exemples ?

In Morocco – 2013 from Vincent Urban on Vimeo.

Louis Vuitton – Haute horlogerie from Timothee Janssen on Vimeo.

 

Après les réseaux sociaux grand public, ceux de partage de vidéos, nous terminons ce panorama par les réseaux sociaux professionnel, en en donnant les principales caractéristiques.

Viadeo, le réseau social des professionnels francophones.  Né effectivement en France, il reste pour les chiffres le premier réseau social professionnel en France en nombre d’utilisateurs. Il existe plusieurs fonctionnalités intéressantes sur Viadeo, à commencer par un profil que l’on peut alimenter en fonction des aspects de son CV auxquels on veut donner une visibilité, mais aussi ses choix de lecture ente autres extras. Parmi les autres fonctionnalités, notons les Hubs (groupes thématiques, avec newsletter) ou encore la réponse à des offres d’emploi partagés par les entreprises sur le réseau.

Linkedin, plus international. Pour ceux souhaitant une visibilité plus internationale, bien que Viadeo l’offre relativement, Linkedin reste encore l’idéal. Entre autres fonctionnalités, on peut y suivre des entreprises ou répondre à et partager des offres d’emploi.
Beaucoup s’y trompent. Au-delà de la visibilité et de leur gestion via ou non une communauté, les réseaux sociaux sont liés à des problématiques sérieuses dont ils ne peuvent être dissociés, et qui vont au-delà du divertissement qu’ils peuvent représenter au premier abord.

 

LA REVOLUTION RESEAUX SOCIAUX

Les médias bousculés…

Les médias classiques bousculés par les réseaux sociaux, c’est une des premières problématiques sérieuses qui peuvent venir à l’esprit, moins d’un mois après les attentats contre Charlie Hebdo de ce mois de janvier 2015. Un moment comme celui-ci a pu mettre en exergue le fait que les médias classiques (presse écrite, tv, radio, ou site médias internet) n’ont plus le monopole de l’information. La démocratisation de cette dernière accompagne logiquement celle des réseaux sociaux, qu’on appelle d’ailleurs également médias sociaux.
Néanmoins, côté médias, concurrence + volonté d’être toujours le premier à annoncer une nouvelle amènent une course au sensationnalisme. Et parfois, une information sortie sur les réseaux sociaux peut paradoxalement amener les médias classiques à s’aligner, avec un risque de décrédibilisation si l’information transmise s’avérait fausse. L’imprudence est qu’en journalisme une information doit être vérifiée avant d’être publiée. Une règle qui n’est pas toujours respectée dans des contextes d’actualité chaude. Dans le cas précis des attentats, le nom d’un lycéen avait été jeté en pâture à un demos hyperconnecté via les réseaux sociaux, alors que le jeune homme était en cours. Ce sont ses camarades eux-mêmes qui ont démenti une annonce qui a malheureusement eu le temps de s’étendre, du fait de l’imprudence des médias, et non sans conséquences graves pour un jeune adolescent.
Sans une vérification préalable, primordiale, c’est le règne de la rumeur, décuplée par la viralité que procurent les réseaux sociaux.

De l’autre côté du miroir, côté internaute, n’est-on pas en position si chacun peut devenir journaliste ou polémiste ? En principe, c’est tout à fait possible aujourd’hui, notamment du fait du développement d’outils comme les smartphones, faisant à la fois office de diffuseurs via les réseaux sociaux, mais également au préalable de médias eux-mêmes grâce à leur fonction de capture photo et vidéo.
Tous polémistes tout autant, certes, à l’instar de Twitter où l’on peut participer à des Live Tweet ou LT. Live-tweeter, c’est en commenter un évènement, souvent une émission de télévision, en utilisant le hashtag qui lui correspond. Certaines des émissions les plus commentées ont les mots-dièse suivants : #ONPC (On n’est pas couché), #CSOJ (Ce soir ou jamais) ou encore #TPMP (Touche pas à mon poste). On parle ici de Social TV. Cet apport de commentaires, de tweets, est une manne de référencement gratuit pour les émissions les plus suivies, leur offrant une visibilité accrue, pouvant amener des parts de marché considérables, notamment si leur hastag apparaît dans les plus partagés sur Twitter. On parle alors de Trending Topics ou TT, c’est-à-dire de sujets tendance.
On peut à la lumière de ce qui précède souligner l’émergence d’un nouveau pouvoir, celui d’une opinion critique, et potentiellement très influente. Le pouvoir a en quelque sorte changé de camp. Il n’est en tout cas plus aux mains des seuls médias qui contrôleraient les tendances. Ces derniers doivent compter désormais avec un téléspectateur, un auditeur, un lecteur…un internaute de plus en plus informé, et en position de se mesurer à eux.

…les gouvernements aussi !

Au-delà des médias, un pouvoir plus important s’est vu à certains moments, en certains endroits, vu bousculer par les réseaux sociaux : celui des gouvernements.
Citons en premier lieu le phénomène Leaks, qui signifie fuites en anglais.  On voit en effet émerger des lanceurs d’alerte  très bien informés comme avec Wikileaks (câbles des ambassades américaines à travers le monde, une information donc particulièrement sensible et confidentielle), capables de peser très fortement dans le débat public. Un autre phénomène peut avoir été le rôle prépondérant des réseaux sociaux dans les récentes révolutions arabes, tunisienne et égyptienne notamment. Il faut ainsi ce rappeler le Live-tweet de la place Tahrir au Caire, où des milliers de manifestants se sont réunis et relayés 24h sur 24. Un troisième usage des réseaux sociaux liés aux gouvernements que nous citerons ici est celui qu’ils en font eux-mêmes. En effet, de plus en plus, gouvernements et institutions sont obligés de se mettre à la page pour accompagner un environnement de plus en plus connecté. Impossible d’imaginer rester sur le bord de la route. Il s’agit donc de suivre les évolutions et de les intégrer sur le long terme. C’est toute la problématique de ce qu’on appelle l’e-administration ou administration électronique. Notons que la municipalité d’Orléans compte depuis la mandature en cours un conseiller délégué à l’e-administration.

Une formidable caisse de résonance, pour le meilleur et pour le pire

Nous avons parlé quelques lignes plus haut de la viralité que peuvent apporter les réseaux sociaux à une annonce, cette reprise en chaîne, parfois ultra-rapide, qui rappelle la contagion d’un virus.
On parle aussi de mème, « anglicisme (…) pour décrire un élément ou un phénomène repris et décliné en masse sur internet. (…)  Dans sa forme la plus sommaire, un mème internet est une idée simple propagée à travers le web. Cette idée peut prendre la forme d’un hyperlien, d’une vidéo, d’un site internet, d’un hashtag, d’un personnage récurrent ou simplement d’une phrase ou d’un mot » (Wikipedia). Un mot qui donc peut englober tout un ensemble de phénomènes. On peut citer en exemple les LOLcats, qui sont l’archétype du même. Ces photos et autres vidéos de chats mignons ou parfois anthropomorphes sont une récurrence très typique du net, très partagée sur les réseaux sociaux.
Dans cet aspect caisse de résonance des réseaux sociaux, il y a du bon : l’information passe plutôt bien, ce qui est une bonne chose quand elle n’est pas questionnable. Et il y a du mauvais : entre autres cet effet mouton, suiveur, qui fait que parfois voire souvent un mème est partagé presque mécaniquement, sans trop réfléchir.

Dans ce même esprit de caisse de résonance pour le meilleur et pour le pire, les réseaux sociaux peuvent être une vitrine démocratique, et permettre de révéler des talents qu’on aurait moins facilement vus croître à l’ère des médias classiques.
Alors, tous des stars ? Youtube et Vine comme vu plus haut, mais aussi Instagram, sont devenus des espaces de visibilité très ouverts. L’humoriste Nawell Madani y a sévi avec ses Instawell (https://www.youtube.com/watch?v=u-MahEtxg2o&list=RDu-MahEtxg2o#t=0), des micro-sketches, de courtes vidéos faciles à partager, qui ont sans doute boosté le remplissage de ses salles.

nawel

Pour compléter ce tableau, encore un peu plus du meilleur et du pire des réseaux sociaux avec quelques mots que vous y croiserez, afin pour ceux qui sont moins au fait d’être un peu moins en terre inconnue :
Buzz, bad buzz et fails : tous ces mots que vous avez depuis quelques années l’habitude d’entendre et dont vous savez qu’ils sont fortement liés aux réseaux sociaux. Le buzz, c’est une forme de visibilité positive à une période donnée relativement courte. Le mot buzz est souvent lié à la notion de nouveauté remarquable, mais peut aussi être synonyme d’éphémère.
Son pendant négatif, le bad buzz, est une information nuisible ayant tout autant un caractère fini dans le temps, mais pouvant avoir des conséquences importantes sur la réputation de l’individu ou de la structure qui le subit, à l’instar de toute mauvaise publicité, mais à la différence que la viralité accroît cet effet, parfois jusqu’à un niveau international.

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Le fail est un échec de communication. Une tentative de buzz qui aurait échoué est à ranger dans cette catégorie. On parlerait dans le langage courant d’un flop.

– Le phénomène Tweetclash. Avec le développement l’investissement toujours plus grand du réseau social Twitter par les personnalités et les marques, se aussi développé       des échanges pouvant être considérés comme hostiles. Des disputes  par comptes Twitter interposés en quelque sorte. Parmi les réguliers et plus en vue ces derniers mois, ceux de Léonard Trierweiler, fils de Denis et Valérie Trierweiler, et Louis Sarkozy, fils de Nicolas Sarkozy et Cécilia Attias (http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141117.OBS5246/leonard-trierweiler-louis-sarkozy-on-refait-le-tweet-clash.html).

– Quelques hashtags emblématiques : #FF pour Follow Friday, permet chaque vendredi aux Twittos de promouvoir les comptes Twitter qu’ils veulent conseiller à leurs abonnés. #OrléansTwitte est le hashtag par excellence de la Twittosphère orléanaise. #JeSuisCharlie a été du fait de l’actualité récente particulièrement utilisé, bien au-delà des frontières françaises. #JeSuisNico est le hashtag humoristique qui a pointé l’avancée de l’ancien président français au-delà de la place qui lui avait été assignée lors de la photo historique du 12 janvier 2015 (http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/01/12/le-protocole-de-la-photo-historique-bouscule_4554451_823448.html, photo suivante : copyright Le Monde, Jean-Claude Coutausse).

hollande

 

– Photobomb : une photobomb est une photo dont l’auteur, celui qui la partage, a en fait gâché la photo que prenaient d’autres protagonistes. Le dernier buzz en date de ce type est lié à l’élection de Miss Univers. Dans la photo ci-dessous (source www.LeParisien.fr), Miss Israël, à gauche, s’est incrustée dans une photo à côté de Miss Liban. Les médias sociaux étant aussi vecteurs de sujets sérieux, et les deux pays étant en conflit, Miss Liban a dû démentir officiellement auprès de ses soutiens toute volonté d’apparaître sur une même photo que Miss Israël. On était proche de l’incident diplomatique !

photobomb

Les réseaux sociaux sont-ils vraiment nos amis ?

 

Big Brother is Watching You. Facebook est sans doute le réseau social qui illustre le mieux la phrase de George Orwell. Facebook est en effet le plus emblématique des réseaux sociaux actuels, et donne le la quand les autres le suivent. Les autres réseaux sociaux pratiquent en effet le mimétisme, notamment en termes de contrôle sur votre vie privée.
Ne négligez donc pas la lecture des conditions d’utilisation du réseau social auquel vous comptez vous inscrire, autant que leurs modifications régulières, qui malheureusement, vont toujours plus loin dans l’intrusion dans nos vies privées. Les réseaux sociaux vous demandent en effet toujours plus de données, leur permettant de vous proposer lors de votre navigation des publicités adaptées à votre profil. Il est courant d’entendre dire dans cette idée, que lorsque c’est gratuit, c’est vous le produit.

Un reportage récent de l’émission télévisée Envoyé Spécial de France 2 (diffusé le 29 novembre 2014) intitulé Toute ma vie sur Internet pointait les dangers potentiels d’Internet, notamment en termes de réputation. L’extrait ci-dessous met l’accent sur les informations que Facebook collecte sur ses membres :

Vers une société complètement « social* » ? (*prononcer à l’anglo-saxonne)

 

Le lien social ne s’est-il pas dématérialisé ? Ne sommes-nous pas en train de devenir des êtres de plus en plus virtuels ? Ne vivons-nous pas dans une société où on va difficilement vers l’autre ?             Autant de questions que l’on peut se poser à la lumière des éléments décrits tout au long de cet article. Néanmoins, certains sites web et applications pourraient faire mentir ces impressions, en faisant solidement le pont entre virtuel et réel. Citons tout d’abord OVS, le site On Va Sortir, qui met en relation des personnes s’inscrivant à des activités proposées elles-mêmes par des internautes. OVS permet de créer IRL un lien initié dans le virtuel. Une véritable concrétisation du lien social immatériel.
Parmi les applications qui accompagnent cette tendance d’une société du partage, notamment d’information, en temps réel, il y a Waze (https://www.waze.com/fr/) : une appli mobile de conduite sociale assez innovante. Waze est un GPS pas comme les autres. Vous y verrez sur votre parcours d’autres Wazers, situés via leur localisation, dont certains partagent des informations en termes de sécurité ou autres (accidents, ralentissements, etc.) sur leur parcours, en faisant profiter les autres utilisateurs de l’outil. Qui dit mieux ?

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Et si le bonheur était IRL ?

 

Dans son livre témoignage J’ai débranché, Thierry Crouzet, accroc aux réseaux sociaux repenti, raconte sa désintoxication de ces outils, après sans aucun doute un burn out numérique. Cette dernière expression pourrait-elle-même être appeler à devenir un phénomène reconnu…socialement.

burn-out

Il est en tout cas prouvé que Facebook peut être facteur de déprime. On a ainsi parlé dans une étude de l’American Academy of Pediatrics de dépression Facebook (http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/03/28/peds.2011-0054.full.pdf+html?maxtoshow=&hits=10&RESULTFORMAT=&fulltext=facebook+depression&searchid=1&FIRSTINDEX=0&sortspec=relevance&resourcetype=HWCIThttp://pediatrics.aappublications.org/). Plus de vie réelle et moins de virtuel pourrait donc être le meilleur remède à la sinistrose.

Conclusion : qui peut aujourd’hui se passer des Réseaux sociaux ?

 

Ils sont partout : dans notre vie personnelle, professionnelle…choisir de ne pas être sur les réseaux sociaux est presque devenu un acte de résistance.

Car ce qui paraît un jeu d’enfants pour beaucoup est porteur de problématiques sensibles, auxquelles il faut être vigilant. Que l’on y soit professionnellement comme à titre personnel.

 

Quoi que vous choisissiez : y être ou ne pas y être, y être à minima ou jouer la carte de l’exploitation maximale, la première chose qu’il faut avoir en tête en intégrant les réseaux sociaux, c’est de savoir ce que vous voulez y rendre visible, et ce que vous n’y voulez pas.

Autrement dit, pour maîtriser un tant soit peu des outils qui ont tendance à nous échapper, il faut d’abord maîtriser votre identité. Car s’il est courant de dire qu’Internet n’oublie rien, c’est là un aphorisme proche de la vérité. Et malgré toute la prudence préconisée, pour ce que vous aurez choisi de rendre visible, gardez l’aspect ludique des réseaux sociaux, ce jeu d’enfant auquel il faut faire attention.

NB : Cet article est soumis au copyright. Aucune reproduction totale ou partielle n’est autorisée sans l’accord préalable explicite de son auteure, à savoir Sabrina Kecheroud. Il est la retranscription de la conférence présentée par l’auteure le mardi 20 janvier 2015 à la CCI Loiret dans le cadre d’une session de la Webschool Orléans #WSorleans consacrée aux réseaux sociaux.

2 Réponses à “Résumé de la Conférence du 20 Janvier 2015”

  1. Tony Charpentier

    Bonjour

    Bravo pour le rapport, du 20 janvier 2014… J adhère, en tant que … Serrai t’il possible de l’avoir en fichier imprimable?

    Amicalement Tony

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    • Trésorier

      Trésorier

      Merci Tony.
      Et merci de ton adhésion, mais en tant que… quoi ?
      Le rapport est disponible en lecture sur le site de la Webschool Orléans, mais comme tu pourras le constater, il est écris tout en bas qu’il est sous copyright et n’est donc pas libre de droits.
      Et puis les vidéos ça n’est pas évident à imprimer 😉

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